frustration sexuelle

La frustration sexuelle

 

La frustration est un péché relativement commun dans nos sociétés modernes. Cependant, elle peut prendre différentes formes et l’on aborde peu les jeux sexuels visant à rejouer une frustration antérieure. Ils peuvent devenir l’occasion pour l’homme et la femme de se délecter d’un transfert réciproque des fluides énergétiques.

Prenons l’exemple du « Karezza », voilà une discipline qui prône la continence sexuelle contrôlée. Des pauses sont observées en matière d’érection afin de mieux ressentir la montée du plaisir orgasmique. Alternant phase d’érection et de relaxation, elle se rapproche très furieusement d’un fantasme de castration.

Sous cette forme, le principe de castration est simulée pour arriver plus fastidieusement à l’éjaculation. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer ? Plus le chemin à parcourir est fastidieux, plus doux en est le fruit. Ça se discute, la méthode qui consiste à faire une infiltration de membrane pour faire mal et éjaculer le plus vite possible est également répandue. Comme dit Céline, l’écrivain polémiste « servie chaud ! elle va être mimi dans la barque ! », comme s’il fallait la punir d’être venu au contact.

Nous apprécions beaucoup cette phrase Célinienne : « Servi chaud ! » qui observe le mouvement, plutôt violent, comme un crochet du gauche dans la tête à grand-mère… « servi chaud ! ». « Elle va être mimi dans la barque » appelle une image entendue de notre jeunesse. Le moment ou tous les personnages de vos dessins animés finissent dans une barque (ou dans une charrette pour les amateurs de Rhum ) avec des étoiles qui tournent en halo autour de leurs têtes. Après leur avoir mis une bonne leçon, on les fout dans la barque, pénétrée, souillée, salie, une bonne fois pour toutes !

Ah c’est sûr que si nous avions de la caillasse, nous les classes populaires, on ne tiendrait pas ce type de discours, dithyrambique vis-à-vis des pénétrations appuyées et professionnelles au lit. Oh oui ! Avec les bonnes huiles du Tout-paris, un appartement payé par l’Etat sur une artère des Champs-Élysées, un peu caché ! Là on ne dirait rien, on est pour ! Et on se range ! Discours de tolérance sur le monde du libertinage, apologie de l’amour absolu, de la tendresse, du couple qui s’écoutent…on badigeonne !

Bref, revenons-y, sur ces pratiques de frustration domestiquée. Parfois elles se font par des attouchements sensuels. Ah les caresses ! Cela fait du bien les caresses ? Sentir l’autre venir vous toucher, vous couvrir, vous considérer et même prendre du plaisir à le faire. Le besoin de contact, comme pour guérir les autistes les plus têtus, les derniers, ceux qui refusent de ne pas mettre un dernier coup de boule à l’évier. Besoin de contact ! Besoin d’amour !

En matière de BDSM, on va plus loin dans la caresse. On a la caresse douce, celle qui vient frotter votre gland pour obtenir la purée en mimant une facilité, une supériorité. On a le toucher moins suave aussi, le coup de bottin ! Le fouet ! La cravache ! Vous voulez des caresses ? Vous allez en avoir avec l’escort dominatrice de www.femdominatrice.com.

Tiens, il parle de carambolages à la télévision, des bouchons à perte de vue ! Pourquoi ? Premier Mai ! Les rougets sont de sortis ! A la recherche du temps perdu, à la recherche de caresses.

Sujet suivant !Premier bain dans la Seine pour les parisiens…on s’y croirait presque. Bon Dieu mais qu’ils y aillent ! Au bain ! Dans la barque ! En recherche de radioactivité en attendant l’ombre du champignon thermonucléaire. Les frôlements vont chatouiller un peu, attendez voir.

Plus sérieusement, les caresses érotiques sont bonnes pour la santé, elle facilite la sécrétion d’ocytocine, encore elle. On est plus heureux quand on a goûté au contact, à l’échange corporel. Il s’arrête où le contact ? C’est subjectif, de la chatouille à l’effleurement, du mordillement de l’oreille au coup de pied circulaire, de la plume de Paon à la ceinture en cuir. On doit vraiment se positionner ?

On a la journée du baiser qui va approcher, la journée des « free hugs ». On emploie des termes anglais pour essayer de se comprendre sur ce point, de montrer une unité, un même penchant pour la connerie. Sacristi ! Pendant qu’ils se bécotent à la télé, nous on bosse, on ramène la caillasse, on gonfle le capital, on psalmodie nos angélus… Pas un sourire sincère sur trente kilomètres à la ronde mais on nous sert du bisou sur le téléviseur, l’opium du peuple !

Nous, on propose plutôt la journée du gang-bang sans consentement, de la chasse en haute mer ! Premier arrivé, premier servi ! Ça marche ? Qui s’aligne ? Le changement c’est maintenant…

Finissons-en avec les caresses, bouclons le chapitre. On a les sempiternelles fétichistes, masseurs de pieds, experts en shiatsu, bouffeurs de légumes sans surmoi issus de la moyenne bourgeoisie.

On a aussi l’élixir de la caresse, de l’écoute mal placé, rendre au plaisir le plaisir : le massage érotique. Souvent mal fait ? Peu importe, c’est le geste qui compte, le frottement, le remède à autistes. Avec de la nourriture plein les draps, du lubrifiant dans tous les pores de la peau, de la souillure à tous les étages. On veut bien être gentil, être comme tout le monde, aimer cela, mais va falloir nous donner les six chiffres du loto avant. Après cela, on sera suffisamment lobotomisé pour aimer les câlins et autres caresses sans prétention. Promis ! On est même prêt à dire du bien des filles en minijupe qui se tapent des cafés glacés dans les trains. A la paille ! Elles y vont à la paille en plus ! Un café, cela se boit court, chaud, sans sucre, juste le goût. En attendant qu’elles y mettent du leurs et qu’elles nous montrent leurs nibards autre part que sur le parvis de nos églises.